Calculatrice entre deux dates pour vos congés payés : le guide complet

Les congés payés s’acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables pour une année complète. Calculer le nombre exact de jours entre deux dates permet de vérifier un solde de congés, de contrôler une fiche de paie ou d’anticiper une fin de contrat.

Le résultat dépend du mode de décompte choisi par l’entreprise, de la période de référence applicable et, depuis la loi du 22 avril 2024, du traitement des arrêts maladie survenus entre ces deux dates.

La période de référence légale court du 1er juin de l’année N au 31 mai de l’année N+1. Un accord collectif peut la caler sur l’année civile (1er janvier – 31 décembre). Toute calculatrice entre deux dates doit partir de ce repère pour déterminer combien de mois complets de travail effectif entrent dans l’intervalle.

Un mois complet correspond à 4 semaines ou 24 jours de travail effectif. Si la période saisie dans l’outil couvre 8 mois complets, le salarié a acquis 20 jours ouvrables (8 x 2,5). En jours ouvrés, le taux passe à 2,08 par mois, soit environ 16,6 jours sur la même durée.

La distinction entre ces deux modes change le résultat affiché jour par jour, mais pas le total en semaines : 5 semaines de congés payés par an dans les deux cas.

Jours ouvrables ou jours ouvrés : impact concret sur le décompte entre deux dates

Un outil de calcul entre deux dates affiche un nombre de jours calendaires. Pour convertir ce résultat en jours de congés consommés, il faut connaître le mode de décompte de l’entreprise.

  • En jours ouvrables (lundi au samedi, hors jours fériés), une semaine de vacances consomme 6 jours. Un salarié qui pose du lundi au vendredi voit aussi le samedi décompté, sauf s’il reprend le samedi suivant.
  • En jours ouvrés (lundi au vendredi), la même semaine consomme 5 jours. Le calcul paraît plus simple, mais certaines conventions collectives ajoutent des règles sur les jours fractionnés.
  • Les jours fériés tombant dans la période de congés ne sont pas décomptés, quel que soit le mode. Un calcul entre deux dates incluant le 14 juillet, par exemple, retire un jour du total consommé.

Vérifier le mode applicable avant d’utiliser un simulateur évite un écart d’un à trois jours sur un congé de deux semaines.

Homme en open space consultant un outil de calcul de congés payés entre deux dates sur un écran d'ordinateur

Arrêt maladie inclus dans la période : ce que change la loi du 22 avril 2024

Avant cette réforme, un arrêt maladie non professionnelle interrompait l’acquisition de congés payés. Le calcul entre deux dates excluait simplement les mois d’absence. La loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 a modifié cette logique en profondeur.

Acquisition pendant l’arrêt maladie non professionnelle

Un salarié en arrêt pour maladie non professionnelle acquiert désormais 2 jours ouvrables de congés par mois d’absence, avec un plafond de 24 jours ouvrables par période de référence. Le taux reste inférieur aux 2,5 jours du travail effectif, mais il n’est plus nul.

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, l’acquisition se maintient à 2,5 jours ouvrables par mois, sans plafond annuel. Un simulateur fiable doit donc demander la nature de l’arrêt pour ajuster le calcul.

Report des congés non pris après la reprise

Les congés acquis pendant un arrêt mais non pris bénéficient d’un délai de report de 15 mois. Ce délai ne commence à courir qu’à partir du moment où l’employeur informe formellement le salarié de ses droits après la reprise. Sans cette notification, le compteur reste gelé.

Un calcul entre deux dates qui chevauche un arrêt maladie puis une reprise doit intégrer cette mécanique. Les outils en ligne les plus simples ne le font pas encore, ce qui peut fausser le solde affiché de plusieurs jours.

Vérifier un calcul de congés payés entre deux dates sans simulateur

Une vérification manuelle reste utile pour contrôler le résultat d’un outil automatisé. La méthode tient en trois étapes.

Compter d’abord le nombre de mois complets de travail effectif entre les deux dates choisies. Multiplier ce nombre par 2,5 (ouvrables) ou 2,08 (ouvrés). Arrondir au jour supérieur si le résultat comporte une décimale : la règle légale interdit l’arrondi inférieur.

Soustraire ensuite les jours déjà pris sur la période. Ajouter enfin les jours acquis pendant un éventuel arrêt maladie selon les taux de la loi de 2024. Le solde obtenu doit correspondre, à un jour près, au chiffre du simulateur.

  • Un écart d’un jour provient souvent d’un jour férié mal traité ou d’un samedi non décompté en mode ouvrés.
  • Un écart de plusieurs jours signale généralement un mois incomplet compté comme complet, ou un arrêt maladie ignoré par l’outil.
  • En cas de doute, le bulletin de paie mentionne le solde de congés acquis et le solde restant, qui servent de référence.

Jeune femme calculant ses jours de congés payés entre deux dates sur une tablette depuis son canapé

Maladie pendant les congés : un point de calcul récent à connaître

Un salarié qui tombe malade pendant ses congés payés pose un problème de calcul spécifique. La Cour de cassation, par un arrêt du 10 septembre 2025 (n° 23-22.732), a précisé les conditions dans lesquelles les jours de maladie pendant les vacances peuvent être récupérés.

Lorsqu’un salarié saisit deux dates dans un simulateur pour poser ses congés, puis fournit un arrêt maladie couvrant une partie de cette période, les jours d’arrêt ne sont plus décomptés comme congés pris. Le salarié conserve ces jours et peut les reposer ultérieurement.

Cette règle, issue du droit européen, n’apparaît dans aucun des simulateurs courants. Le calcul entre deux dates reste donc correct au moment de la pose, mais le solde réel peut différer après coup si un arrêt maladie survient pendant la période de congés.

Contrôler son solde de congés payés entre deux dates exige de connaître le mode de décompte applicable, la période de référence et le traitement des arrêts maladie. Les simulateurs en ligne donnent une estimation rapide, mais la loi du 22 avril 2024 et la jurisprudence de 2025 ajoutent des variables que la plupart de ces outils n’intègrent pas encore. Croiser le résultat avec son bulletin de paie reste le réflexe le plus fiable.

Ne ratez rien de l'actu